Historique

Le colonel Thierry Moné, ancien officier de spahis, a soutenu en 2016 une thèse d’histoire contemporaine intitulée : 15 mai 1940, le mercredi de La Horgne: de la mémoire à l’histoire.

Aquarelle de l’auteur

Son travail permet de resituer cet évènement sur le plan historique et rend témoignage de la cohabitation parfois difficile entre l’histoire et la mémoire.

Le mercredi 15 mai 1940, dans le petit village ardennais de La Horgne à l’ouest de Sedan, les cavaliers de la 3e Brigade de Spahis (2e Régiment de Spahis Algériens de Tlemcen et 2e Régiment de Spahis Marocains de Marrakech) tentent d’arrêter une partie de la plus moderne Panzer-Division de la Wehrmacht. L’histoire commémorative a retenu que la 3e Brigade de Spahis aurait été tout simplement « anéantie » en une dizaine d’heures de combats, non sans avoir auparavant mis hors de combat un bon millier de soldats allemands. De son côté, l’histoire scientifique dénombre 50 Spahis et 31 soldats allemands tués. Plus de 76 ans après les faits, il est plus que temps d’en finir avec la légende du « massacre inutile de 700 Spahis chargeant à cheval les chars allemands à La Horgne ».

Thèse à télécharger sur https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01468845


Aquarelle de l’auteur.

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Ce régiment a été formé à l’armée du Rhin le 8 août 1922 comme 12e Régiment de Marche de Spahis puis 2e de Marche et enfin 5e Spahis Algériens le 24 avril 1923 avec des éléments du 3e Spahis Algériens (deux escadrons) et deux escadrons de l’ancien 5e Spahis qui avait été dissous à Bel Abbes en 1922.

planches uniformologiques d'Edmond Lajoux

Arrivé au Maroc le 25 août 1925, le 5e Spahis Algériens a pris part à toutes les opérations en 1925, formant brigade avec le 6e Spahis Algériens. Le 5e escadron est venu s’installer à Guercif et les quatre escadrons actifs ont passé l’hiver dans différents postes. En 1926 les quatre escadrons ont pris part au dernières opérations du Rif, les 3e et 4e escadrons avec la 3e division marocaine et les 1eret 2e avec les général Dosse. A la fin des opérations du Rif en mai 1926, les 3e et 4e escadrons prennent les postes dans le Riff; les 1er et 2e escadrons rentrent à Fez quelques jours et partent en colonne dans la Tache de Taza où ils restent jusqu’à la fin de septembre puis retournent à Fez.

A partir d’octobre 1926 le régiment commence à former un escadron (le 2e) avec des éléments marocains. Cet escadron part en colonne le 13 avril 1927. Le 1er escadron est formé quelques temps après en éléments marocains et part aussi en colonne, le 2e demi-régiment étant formé en dernier.

Les cadres européens du 5e Régiment Algérien sont maintenus comme encadrement, les éléments algériens renvoyés au fur et à mesure des formations des escadrons au 1er Spahis Algériens.

Une décision interministérielle du 4 février 1927 décide la création d’un 24e Régiment de Spahis Marocains par la transformation de ce 5e Algérien. Le régiment est créé le 1er avril 1927 et prend le numéro 4 le 1 avril 1928.

planches uniformologiques d'Edmond Lajoux

Le deuxième demi-régiment s’embarque à Casablanca le 5 novembre 1927 pour la France et arrive le 14 novembre 1927 à Senlis où il tient garnison jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Les deux escadrons du 3e Spahis Algériens cités plus haut ont pris part à la guerre de 1914-1918 avec le 11e Régiment de Marche de Spahis.

Anecdote insolite, c’est le 4e Spahis Marocains qui reçoit sur son étendard l’inscription en lettre d’or “Maroc 1925-1926” gagnée pendant la guerre du Rif par le 5e Spahis Algériens.

Uniforme

Cadres français

Tunique rouge, collet et pattes de parements idem, boutons et galons dorés. Au collet sceau de Salomon et chiffre. Culotte bleu ciel très pâle, bandes et passepoils rouges. Epaulette de grade or. Képi à bandeau bleu ciel, fond rouge, galons or. Sceau de Salomon et chiffre or sur le bandeau. — Petite tenue: vareuse et culotte kaki, écussons noirs, soutaches jaunes, chiffre et sceau or. Selle française, couverture brun foncé, bride française. Sabre porté à la mode arabe. (Les officiers réclament le tapis de selle bleu ciel à galon rouge qui sera peut-être  de selle bleu ciel à galon rouge qui sera peut-être adopté en 1935).


Tenue d’apparat d’un Maréchal des Logis du 4e Spahis Marocains en 1937 (Coll. Jack Genty)

Troupe

Veste rouge, galons en chevrons jaunes aux parements ouverts en dessous et bordés d’un galon jaune. Chevrons sur le haut du bras gauche. Pantalon arabe (zerwal) bleu ciel foncé recouvrant le bas de la veste, ceinture rouge, burnous blanc recouvert d’un deuxième burnous bleu nuit. Pièce de burnous (Tombô) vert sur le burnous, insignes de grade, étoile et numéro jaunes, de chaque côté.

Chechia rouge recouverte du cheiche kaki recouvrant le haut des oreilles. A partir du bas cinq galons blancs larges d’un doigt, bande de deux doigts au-dessus des deux premiers galons blancs de couleur différente pour chaque escadron: 1er bleu foncé, 2e rouge, 3e vert, 4e bleu ciel, E.H.R. jaune.

Harnachement: selle arabe en cuir rouge, le karbouc et la gedas ornés de piqûres dorées représentant généralement le sceau de Salomon à cinq branches. Les feutres superposés et alternés, bleu, noir et blanc , celui du dessus garni de pièces de frottement en cuir rouge. Bride arabe, œillères ornées du croissant et de feuillages jaunes ou dorés. En parade, collier (gladda) vert à gland jaune, passants de cuir rouge. Pour les fantasias seulement, tresses de fantaisie au poitrail,  à la crinière et à la queue.

Spahi du 4e Spahis Marocains en tenue de campagne

Sous-officier: tenue de la troupe, chéchia rouge sans insigne.

Fanfare: tenue de la troupe, galons de fonction. Flammes de trompettes vertes à galons de fonction. La fanfare est commandée par un adjudant. Tunique rouge, culotte française à passepoil rouge, burnous et képi.

Fanions: celui du commandant de corps est vert à galon blanc et queue de cheval blanche. Chaque escadron a son fanion particulier. Ces fanions que la tradition a rendus réglementaires peuvent varier à l’infini selon la fantaisie du chef de corps et des capitaines. En principe, pour les fanions d’escadron, un des côtés est à la couleur de l’escadron.

Un fanion (celui du 2e escadron) est d’un côté vert, avec le cheval du prophète brodé argent surmontant une inscription en caractère arabe; de l’autre, rouge avec le sceau de Salomon brodé or. Crinière noire. Dans chaque coin le sceau de Salomon et le chiffre brodés en or sur fond rouge pour le côté vert et un fond vert sur le côté rouge. Franges dorées.

Tenue de campagne. Veste et pantalon arabe de toile kaki. Chechia et cheiche. Gandourah de toile kaki. Cartouchières, bretelles, mousqueton, baïonnette et sabre. Le burnous est plié à plat sous les feutres de la selle, le bidon attaché à celle-ci: la ceinture de laine rouge peut être portée sur la gandourah.

Spahi d’un régiment de spahis marocains pris en photo au Maroc dans les années 1920

Officiers: gandourah, chéchia ou képi recouverts du cheiche kaki. Ceinturon-baudrier et étui à révolver. En tenue de guerre, en France, manteau de cavalerie et casque kakis. La planche en couleurs représentent des spahis marocains rendant les honneurs, debout sur les étriers. Le mousqueton n’est pas toujours pris lors des prises d’armes.

D’après Maurice Toussaint, 4e régiment de spahis marocains, Le Passepoil, 15ème année, n°1

 

 

 

 

 

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Photo de sous-officiers et de spahis indigènes du 4e RSM (Juillet 1940) Coll. Spahis.fr

Il n’est pas toujours facile de connaitre la répartition exacte dans un régiment de spahis entre les spahis indigènes et les spahis français. Les origines ne sont pas constamment signalées dans les archives.

Pour avoir une idée générale de la composition d’un escadron de spahis, nous pouvons nous référer à titre d’exemple à la composition du 3e Escadron du 4e RSM à l’entrée en guerre en 1939. Cet escadron était commandé par le capitaine Brière, il été composé comme suit:

  • 4 officiers français et 1 officier indigène
  • 11 sous-officiers français et 4 sous-officiers indigènes
  • 5 brigadiers-chefs français
  • 5 brigadier français et 14 brigadiers indigènes
  • 15 spahis français et 108 indigènes

L’escadron comptait 40 spahis français et 127 spahis indigènes.

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La conquête du Maroc, les spahis ont joué un rôle essentiel durant la conquête du protectorat. Carte postale de spahis algériens posant devant un des étendards pris au prétendant Ahmed el-Hiba lors de la bataille de Sidi Bou Othmane le 6 septembre 1912 où 2000 guerriers tribaux trouvent la mort face aux spahis et aux tirailleurs sénégalais . Cette victoire permit aux troupes françaises de rentrer dans Marrakech le 9 septembre.

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Le 5e Spahis est créé en juin 1914, les trois premiers escadrons sont stationnés au Maroc à partir de juin 1914 où ils participent à la pénétration du territoire et aux opérations de contre-guérillas notamment dans le Tafilalet.

C’est les 4e, 5e, 6e et 8e escadrons qui sont dirigés vers la France dès août 1914. Ils participent notamment à la bataille de la Marne et à la “Course à la Mer”.

En octobre 1914, les spahis doivent renoncer à leur uniforme caractéristique pour adopter une tenue plus appropriée à la guerre sur le sol métropolitain. Ils participent ensuite à la guerre de tranchées où le 5e et le 8e escadrons sont cités à l’ordre de la division.

Le 5e escadron aura l’honneur de participer au défilé de la victoire dans les rues de Strasbourg le 9 décembre 1918.

Carte-photo du fanion du 5e escadrons du 5e régiment de Spahis prise le 22 novembre 1918 lors de l’arrivée de l’escadron dans la capitale alsacienne.

Le régiment est dissous en 1919.

L’étendard du régiment est distingué pour la conduite au feu de ses escadrons par les inscriptions de Picardie 1914 et Noyons 1918.

Source: Historique du 5ème Régiment de Spahis. Transcrit par LOPEZ Martial.

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